Encore plus
partout
tout
le temps

UNE CREATION DE L’AVANTAGE DU DOUTE
Mélanie Bestel
Judith Davis
Claire Dumas
Nadir Legrand
Maxence Tual


SCENOGRAPHIE ET VIDEO - Kristelle Paré
LUMIERES - Mathilde Chamoux
SON - Isabelle Fuchs
COSTUMES - Marta Rossi
ACCOMPAGNEMENT DU TRAVAIL VOCAL – Jean-Baptiste Veyret-Logerias
REGIE GENERALE - Jérôme Perez-Lopez
PRESSE – Irène Gordon-Brassart
PRODUCTION- ADMINISTRATION - DIFFUSION – Marie Ben Bachir

 

PRODUCTION
L’Avantage du Doute
COPRODUCTION
Théâtre de Nîmes, Théâtre de Rungis, Théâtre Jean Vilar – Vitry-sur-Seine, Théâtre
de la Bastille - Paris, le lieu unique – centre de culture contemporaine de Nantes,
Théâtre Nouvelle Génération – CDN de Lyon, L’Estive – Scène nationale de Foix et
de l’Ariège.


Télécharger le dossier

ENCORE, car il s’agit de voir notre monde comme encore en cours de construction, et pas
comme un monde déjà construit, ou déjà détruit. Détruit par le choeur puéril des
« encore ! » d’une humanité aveuglée par son incommensurable désir, qui en veut toujours
plus. Et quand elle commence à scier à la tronçonneuse la branche sur laquelle elle est
assise, et qu’elle finit par se casser la gueule, il faut la soigner en lui racontant des histoires.
PLUS, c’est parce qu’on est bien obligés d’agir contre la sidération dans laquelle nous
saisissent la multitude des informations que nous recevons quotidiennement sur la
catastrophe, les catastrophes : celle de la grande échelle, catastrophe écologique qui nous
submerge dans toutes ses dimensions, au point de devenir une catastrophe intime, qui
bouleverse même jusqu’à notre corps.
PARTOUT, c’est là où nous tentons de défoncer la frontière entre la rationalité et la poésie,
entre la réalité et nos visions. Nous voulons mettre à mal cette vieille séparation qui nous
entrave, et c’est peut–être le premier pas vers une manière de vivre sûrement plus joyeuse
et peut-être plus durable ? Cette division néfaste entre notre capacité de fabuler, notre
désir de faire autrement et le prétendu pragmatisme de ceux qui disent justement « qu’on
ne peut pas faire autrement » est vieille comme l’histoire de la surexploitation de notre
environnement et de toutes nos ressources, jusqu’aux corps des femmes. Mais cette
division peut être bougée, voire brisée, non ?
TOUT LE TEMPS, c’est parce qu’il est trop tard pour se lamenter sur les dégâts déjà causés,
et qu’il faut de toute urgence faire des plans à notre échelle, faire feu de tout bois
imaginaire pour changer nos manières de nous voir et d’être ensemble. Et parce qu’on doit
commencer par en rire, par se regarder franchement et se trouver aussi quand même tout à
fait comique jusque dans nos paniques ; pour tenir et arriver à relier la connaissance que
nous avons de la crise, dans laquelle nous sommes jusqu’au cou, avec le commencement
d'une action. Même pétris de nos doutes, même en pleine dépression : parler, crier, établir
de nouveaux liens. Tout commencement est divin.
ENCORE PLUS, PARTOUT, TOUT LE TEMPS c’est donc notre cinquième spectacle : avec un
gros ours blanc atteint de solastalgie, et bien sûr avec sa banquise qui fond avec lui, avec
des femmes fatales dévastées et des déesses inquiétantes, avec un rôti brûlé, des oeufs bio
du Limousin et un arc bandé à bloc, avec une clameur aussi violente qu’harmonieuse et
libératrice, avec une tempête filiale destructrice, avec un vieux cinéaste mythique en fauteuil
roulant au pied d’une allée de colonnes gréco–romaines, et sans oublier la servante à col
blanc amidonné tout juste sortie des vestiges de ce jour.
Tout ça en une heure et quelques, sous anthropocène, dans un couloir d'hôpital récupéré
sur un tournage de télévision, et en pleine conversation avec vous.